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Art & Culture Blog

Mémoires vives et pages blanches

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Le décalage et même le court-circuitage entre la manière dont un enfant perçoit le monde, imagine son futur, puis ce que lui impose par la suite la réalité est au cœur de l’exposition « Blank pages » de Newsha Tavakolian.

« L’album de famille est la vitrine de ma génération. Les albums jaunis et les instantanés d’enfants souriants dans leurs plus beaux vêtements témoignent de nos espoirs et de nos rêves, mais ils finissent sur des pages blanches lorsque nos parents ont cessé de prendre des photos. Est-ce au moment où l’amertume est apparue ? …La réalité l’a t-elle emporté sur ces pages là ?» questionne- t-elle.

Photographe depuis ses 16 ans, une grande part de son travail s’emploie à révéler la société iranienne au delà des clichés. Pour cette série, pour laquelle elle a été lauréate de la Fondation Carmignac, c’est sur sa propre génération qu’elle s’est penchée. Elle a ainsi suivi neuf personnes dans leur quotidien aux quatre coins de la mégalopole de Téhéran. Ces portraits sont accompagnés de courtes narrations sur leur quotidien et d’un instantané issu de leur album de famille. Les confessions sont brèves, directes. Et les photographies d’une indéniable beauté plastique. Najieh conduisant ses fils à une commémoration nationale, Fati qui « essaie de vivre au jour le jour », Mehdi au Bitter Café qui derrière son comptoir dit « je veux etre sensible aux choses, m’engager, mais je préfère me tenir dans un coin et observer. », Bita qui se soumet à une injection de botox sur les lèvres « qui aimerait devenir aussi riche et prestigieuse qu’une super-model »…

Newsha Tavakolian a aussi détaché les neuf protagonistes de leur quotidien. Dans des vidéos statiques, et très silencieuses – hormis le bruit du vent-, elle les a mis en scène sur une montagne de la capitale et leur a demandé de trouver leur propre place. La montagne est jonchée de sacs en plastique, la nature y apparaît tentaculaire, le froid est palpable. « Ce paysage ne fait pas partie de leur vie et elles ne peuvent pas le modifier ». Ces vidéos sont magnétiques, surréelles.

A voir jusqu’au 7 juin.

Chapelle des Beaux-Arts de Paris
14 rue de Bonaparte, 75006 Paris
Entrée gratuite

* Et si vous passez par Venise, le pavillon iranien présente une de ces vidéos.

Le site de Newsha Tavakolian
Sur le site de la Fondation Carmignac

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This entry was posted on May 31, 2015 by in Uncategorized and tagged .

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